EXPOSITION

La céramique contemporaine est un jeu riche et infini entre forme, matière et couleur.

Couleur-lumière, couleur-matière, couleur-structure… A travers une sélection internationale exceptionnelle, l’exposition « Power colors » propose une excursion éclatante autour du plein usage de la couleur en céramique aujourd’hui.

La couleur est souvent affaire de regard et de point de vue. C’est donc le rôle de l’observateur et celui, majeur, de la lumière que mettent en exergue les porcelaines aux reflets satinés de la céramiste australienne Pippin Drysdale ou les sculptures mouvantes et multicolores de la jeune artiste Aline Schmitt.

Parfois surprenante par sa puissance et son éclat, la couleur peut aussi déstabiliser et nourrir un décalage choisi dans le propos de l’artiste, comme dans le travail de l’artiste anglaise Kim L. Pace ou encore chez Judit Varga qui déconnecte ses représentations de fleurs ou de graines de toute référence directe à la nature. Traitée comme une matière, la couleur est aussi chez certains artistes un élément structurant de leur travail ; il guide la composition et en révèle la forme, comme chez l’américain Kyle Johns.

Les oeuvres de Pippin Drysdale reflètent la puissance des paysages australiens à travers le prisme de la forme primitive du bol, auquel elle associe volontiers des volumes fermés évoquant des rochers. Cette artiste mondialement reconnue explique, dans sa nouvelle recherche « Breakaway series », se détourner du grandiose pour s’attacher aux subtilités du minuscule, explorant une palette de nouvelles gammes chromatiques toujours plus fascinantes : vibrations de la lumière sur l’eau, irisation des ailes de la libellule, scintillement des grenouilles…

Les sculptures d’Aline Schmitt naissent de son parcours atypique, alliance réussie et insolite entre sciences et création. Texture et mouvement de ses pièces sont amplifiés par le travail de la couleur : les reliefs inscrits dans la terre sont révélés par des émaux pulvérisés qui génèrent des jeux artificiels d’ombre et de lumière, créant des illusions visuelles, dans la lignée de l’art optique et de l’art cinétique.

Les visages de l’artiste anglaise Kim L. Pace, qu’ils soient masques ou faces pouponnes, arborent des couleurs volontairement irréalistes et vives. Par ce biais, elle ancre ses créations, aux relents apparents de primitivisme, dans une dimension résolument contemporaine. Ses figures, empreintes d’une force mythologique, dessinent un monde merveilleux et caricatural, touchant et grotesque tout à la fois. Par ce biais, l’artiste interroge la question de l’identité et du camouflage.

Chez Judit Varga, céramiste hongroise installée aux Etats-Unis, la couleur est partie intégrante de l’oeuvre. Insérée dans la terre, elle se déforme, s’atténue, se transforme, s’efface au gré des mouvements de la pièce et s’amuse à suggérer le textile ou le métal peint et patiné. Fleurs, cocons, graines… autant de thèmes tirés de la nature, inspirant à l’artiste une réflexion sur le temps qui passe, l’éphémère, la fragilité de la vie mais aussi l’espoir et le renouveau annoncé.

Dans les impressionnantes céramiques de l’américain Kyle Johns, la couleur révèle un jeu complexe et inédit de construction, une recherche sculpturale, matinée de références au monde industriel et au design. Par un travail précis d’assemblage de différents moules, Kyle Johns détourne les techniques industrielles pour créer des pièces uniques, comme éclatées, combinaisons inattendues de formes aux couleurs vives qui naviguent librement entre le vase et la sculpture.

Infos pratiques

 Juillet et août : ouvert tous les jours, de 10h à 13h et de 14h30 à 19h

*Horaires  susceptibles de modification en fonction de l’évolution des conditions sanitaires.