Cratère Surfaces

Du 5 septembre  au 14 novembre 2021

EXPOSITION

Les mystères du travail de l’argile, matériau vivant transformé par l’action du feu, suscitent souvent des rapprochements avec la dimension tellurique et dynamique de notre planète, sa croûte mouvante, ses continents flottant sur un magma rougeoyant. Cette dimension guide fréquemment notre appréciation de l’art céramique et donne lieu à bien des développements artistiques.

Eruptions volcaniques, affaissements de terrain, roches cachées dans les entrailles de la terre, ténébreux charbon ou brillants cristaux, les mystères et les beautés du cosmos stimulent les céramistes, réveillent leurs aspirations à rechercher de nouvelles techniques, des matières inédites, pour nous amener à méditer, à rêver, à s’envoler…

Après ses pièces « Au bord du paysage » nimbées de blancs veloutés calligraphiés au crin de cheval (exposés à Terra Viva en 2014), Brigitte Marionneau nous revient avec de somptueuses sculptures aux noirs purs et satinés. On y décèle le même attachement à la qualité extrême des surfaces, la même rigueur dans la construction des formes monolithiques, très architecturées, adoucie par la rondeur des arrêtes.

Mais la série « Contenir le vent » explore les multiples facettes du noir, ses reflets changeants comme les sillons d’eau des marais salants, labyrinthes lumineux de la presqu’île de Guérande où Brigitte Marionneau a élu domicile. Elle fait vibrer, à travers les subtilités de la surface, les nuances de cette non-couleur. Et nous plongeons avec elle au coeur du noir charbon tout en survolant des yeux la topographie du paysage.

C’est à une surface plus accidentée que nous a habitués Chloé Peytermann : ses céramiques dites « bullées » sont parsemées de cratères témoignant des interactions entre les couches constitutives du décor, réactions révélées par un polissage patient… Ici, les couleurs naturelles se confrontent souvent à des teintes vives, des jaunes, des rouges ou des oranges qui font éclater la beauté de ces lichens artificiels.

S’affranchissant alors du bol et de ses dérivés, Chloé Peytermann a abordé la sculpture à travers ses étonnants « meubles paysages », créations hybrides entre construction architecturale et vision paysagère onirique. Aujourd’hui, toujours en mouvement, elle explore la figuration en volume pour restituer, en un minimum de gestes, un simple ruban de terre enroulé, l’émotion d’un instant, d’un geste, d’une oeuvre d’art émergée des temps anciens…

A la souplesse des formes mobiles de Chloé Peytermann répond la rigueur géométrique des polygones légers et parfois complexes de Lucie Sangoy. Cristaux improbables tombés de la lune ou de Saturne, trésors surgis peut-être du fin fond des bois, ses « Simili » jouent des contrastes, confrontant des surfaces lisses, brillantes et vives à d’autres mates, tourmentées, aux coloris incertains parsemés de crevasses et de boursouflures. Mousses, lichens divers et variés, roches brutes ou granulats, réactions épidermiques…

Lucie Sangoy associe avec talent une diversité de surfaces entre émail et engobes, pour créer de précieux cailloux destinés à nous faire rêver, comme les nuages aux formes incertaines nous transportent dans un imaginaire tout personnel.

Infos pratiques

Septembre : ouvert tous les jours, de 10h à 13h et de 14h30 à 19h.

Octobre – 14 novembre : Du mardi au dimanche, de 10h à 13h et de 14h30 à 18h.

*Horaires  susceptibles de modification en fonction de l’évolution des conditions sanitaires.