EXPOSITION Terres incarnées

du 2 juin au 24 juillet

La céramique contemporaine est une expérience sensorielle, puissante par la variété et le renouvellement perpétuel des formes et de la matérialité recherchées par les artistes, comme en témoigne le travail des trois invitées de l’exposition “Terres incarnées”.

Les sculptures d’Anne-Laure Cano sont des traductions formelles de fragments de vie, journal d’émotions positives ou négatives servi par un émaillage soigné, des textures complexes et un goût prononcé pour la couleur. Même soin précieux apporté à la gamme chromatique chez Safia Hijos qui s’attache désormais au thème de l’eau et poursuit son exploration de l’espace, du lien entre nature et architecture, du rapport entre naturel et artificiel. Enfin, entre animal, végétal et humain, les figures hybrides et imaginaires, mouvantes, de Mathilde Sauce invitent à une immersion dans la beauté fascinante et étrange du vivant.

Loin des canons de beauté classiques, Anne-Laure Cano, artiste française encore méconnue dans son propre pays (première exposition !), explore depuis sa sortie d’école des formes déstructurées dans lesquelles la notion d’équilibre / déséquilibre est omniprésente. Mélange de terres, recherches d’effets de matières, attention particulière aux couleurs : sa sculpture est un jeu de construction / déconstruction / reconstruction, nourri par les notions d’identité et de mémoire, miroir à la fois ludique et sauvage de ses expériences vécues, et tout particulièrement celle d’expatriée.

Par la céramique, Safia Hijos transcrit et transforme des objets de notre culture, éléments tangibles de notre environnement (aujourd’hui des éléments naturels), leur conférant dès lors un statut surnaturel et interrogeant au passage notre rapport à eux. Une forme d’économie de moyens, associée à perfectionnisme raffiné, un grand souci des matières et des équilibres, donnent à ses créations une simplicité qui renforce leur pouvoir d’attraction. L’eau est à la source de son inspiration actuelle, ses nuances bleutées comme sa capacité de transformation, liquide ou solide, sous la forme de stalactites qui s’invitent dans nos espaces intérieurs.

Créatures organiques en perpétuelle métamorphose, les sculptures de Mathilde Sauce, tout à la fois abstraites et charnelles, relèvent du végétal, de l’animal mais aussi de l’humain, et même du minéral comme de l’aquatique.

Sont-elles molles, douces, rugueuses, givrées, froides, chaudes… ? La palette de ses effets visuels semble infinie et inépuisable.

Dans ce jardin merveilleux, fantastique et fantasque, drôle et gourmand, ce sont nos sensations qui sont mises à l’épreuve. Un éblouissement enfantin, mêlé d’une pointe angoisse de l’étrangeté, comme une plongée dans les mystères du vivant.

Infos pratiques

Du 2 juin au 24 juillet

Juin, juillet : ouvert tous les jours, de 10h à 13h et de 14h30 à 19h