EXPOSITION

Les trois artistes de cette exposition manient la terre et les émaux – au premier rang desquels le mythique céladon et ses multiples nuances de bleu et de vert – pour créer un univers céramique où s’allient la rudesse du minéral et la translucidité de l’élément aquatique.

Magie de l’art céramique et de la chimie, le feu du four transforme ces matériaux en sculptures qui nous projettent bien loin, vers le cercle polaire et les contrées nordiques, en vue de fabuleux glaciers, d’incroyables banquises ou de cascades figées.

A travers cette sélection de pièces d’une force singulière, mouvement des eaux et majesté des paysages s’entrelacent et s’entrechoquent. L’immuabilité apparente de la nature rencontre la course effrénée du temps et la pureté des glaciers se heurte au tourbillon de l’anthropocène.

Jeune céramiste américain installé dans les Alpes de Haute Provence, Zachary Alberts orchestre la rencontre du contenant et du territoire.

Sur ses grands vases, bouteilles ou jarres de grès, la surface accidentée, hérissée de blocs de porcelaine brute, est recouverte d’engobes épais et d’émaux aux textures variées. Avec cinq recettes différentes de céladon, Zachary Alberts créé des mouvements de matières et de nuances autour des blancs et des verts, donnant à voir un paysage qui se défait ou qui émerge, un paysage de roche et d’eau, entre montagnes et rivières, glaciers et torrents, rugosité et fluidité.

Les grandes vagues de la danoise Mette Maya Gregersen avaient frappé les visiteurs de Terra Viva en 2017. Elle revient avec de nouvelles oeuvres où les recherches d’émaux et les confrontations de matières prennent une place grandissante. Si le thème de la vague, métaphore du voyage et de nos expériences de vie, est toujours présent dans son travail, les paysages de son pays s’imposent peu à peu, accompagnant sa sédentarisation : cascades, rochers, lacs gelés… Une attention à la nature qui n’est pas dénuée de conscience écologique, comme en témoignent ses « Washed ashore ».

Sa technicité hors paire, ses textures inédites associées à des structures dynamiques, aux équilibres inattendus, offrent une poésie rare à ses sculptures, dont la dualité manifeste allie le brut au précieux.

Crédit Photos : Lars Bay

Benoît Pouplard consacre ses recherches au céladon et à ses infinies variations de bleu, dans une quête à caractère scientifique inspirée par la beauté des céramiques extrême-orientales. Mais sa fascination pour les transformations de l’eau et de la matière l’a guidé vers des expérimentations toutes personnelles, nourries par sa sensibilité écologique.

La Céladonie dessine une géographie imaginaire, un espace de création né de son attirance pour le Grand Nord. Son four devient le vecteur d’une accélération du temps géologique, générant une interaction entre les strates de barbotine de porcelaine et d’émail qu’il alterne. Des craquelures, des glissements, des éruptions naissent, des icebergs flottants à la dérive, références aux limites extrêmes du monde et à l’urgence climatique.

Infos pratiques

 Juin et juillet : ouvert tous les jours, de 10h à 13h et de 14h30 à 19h

*Horaires  susceptibles de modification en fonction de l’évolution des conditions sanitaires.