Botanique céramique

Du 1er août au 1er septembre  2021

EXPOSITION

Il y a les amoureux de la nature et ceux qu’elle inquiète un peu. Il y a des feuillages qui habitent l’art depuis l’antiquité et ceux qui naissent de l’imagination des artistes. Il y a le vivant incontrôlable, la nature qui reprend ses droits, et les jardins à la française, à la géométrie construite.

Tous les goûts sont dans la nature ! Cette exposition de céramique contemporaine rassemble le travail de six artistes qui puisent dans le végétal des inspirations variées et toutes personnelles.

Chez Anne Bulliot, la courbure d’un pétale qui s’enroule sur lui-même côtoie la vigueur de la tige qui le soutient. Le contraste génère un sentiment d’émerveillement souligné par les touches d’émaux aux textures variées et aux frais coloris, posées de-ci de-là. L’évanescence de cette beauté transparaît dans la fragilité de ces feuilles de grès et leur doux froissement.

Les œuvres insolites de Susan Nemeth naissent d’une tension entre son admiration pour les porcelaines des manufactures européennes de Sèvres et de Meissen, et son désir de rompre avec leur froide perfection, pour traduire, à travers le travail de la main, l’humanité et l’individualité. La céramique est envisagée comme un contenant vivant, dimension organique parachevée par un long travail de décor qui offre à la porcelaine la sensibilité d’une peau.

Agathe Larpent inscrit ses traces d’acanthes, fines empreintes géologiques avec leur fascinant réseau de nervures, vivants et vibrants fossiles, au coeur de ses « Tourbillons », blocs mouvementés de porcelaine. Là, le céladon et le rouge de cuivre viennent souligner la dualité de la pièce, le chaud et le froid, le végétal et le minéral, l’eau et le feu.

Le travail de Safia Hijos, « Supernature », est une réflexion sur la dimension ornementale et décorative du végétal, doublée de la vision angoissante d’une invasion toxique. La perfection plastique de ces plantes imaginaires, tout droit sorties d’une luxuriante forêt du Douanier Rousseau, tient dans la répétition d’un module de feuillage tout à la fois semblable et toujours différent, émaillé d’un vert émeraude mâtiné de nuances de jaune.

Le vivant demeure aussi le centre de la démarche de Stéphanie Martin, l’exploration de la perméabilité entre les mondes végétal-humain-animal donnant naissance à des créatures qui sondent les limites du vivant, évoquant les métamorphoses des succulentes, suggérant des ramifications du bois de l’arbre aux bois du cerf…

Une allée d’arbres bien plantés et nous plongeons dans l’art des jardins… avec une pointe d’humour ! C’est le travail de Marie Rancillac qui se consacre de longue date au monde végétal. Ici, ce sont ses arbres et arbustes dont elle joue des formes parfaites. C’est l’essence même de l’arbre qui est ici représentée, un arbre miniature qui présente d’étranges ressemblances parfois avec un artichaut ou une pomme de pin géants…

Infos pratiques

Du 1er août au 1er septembre : ouvert tous les jours, de 10h à 13h et de 14h30 à 19h.

*Horaires  susceptibles de modification en fonction de l’évolution des conditions sanitaires.