La Parure de Gaïa

Du 7 juin au 29 juillet 2020

EXPOSITION

L’exposition La Parure de Gaïa, dont le titre est extrait du très beau texte que Philippe Godderidge a consacré aux Affleurants d’Anne Verdier, accueille trois céramistes qui font la part belle à leur environnement – minéral, végétal ou animal – source d’inspiration et matière première fondamentale.

Les montagnes, les roches, les falaises… presque immuables ; les arbres, les fleurs, les fruits… comme immobiles et pourtant en perpétuel renouvellement ; les animaux, peuple en mouvement, habitant pleinement le monde ; l’humain, enfin, l’artiste, pour embrasser ces trois règnes, les observer, les incorporer, s’en nourrir et en restituer la beauté, le mystère.

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Les récents Affleurants d’Anne Verdier naissent d’une féconde association d’éléments céramiques de deux natures. Les uns sont conçus à l’atelier – cornières, plinthes, demi-ronds, vocabulaire volontairement emprunté à l’architecture – tandis que les autres sont issus d’un travail d’empreinte de rochers et falaises. Par ce geste, celui de couvrir les roches d’argile pour en révéler la trace émergeante, l’artiste convoque l’existence d’un sous-sol invisible, « magmas bouillonnants, fusions obscures » (P. Godderidge). Par cet acte, émouvant, elle met en regard les grands bouleversements géologiques et le signe de sa présence, tangible, ici et maintenant.

A l’affut du monde et de ses révélations, Anne Verdier construit alors sa sculpture à même le four, empilant, entassant parfois, accumulant ces témoignages de grès et de porcelaine en un chaos dont les émaux fondants, parfois surcuits, associés à la magie de la cuisson au bois, vont révéler la structure et la dynamique, générées tant par l’artiste que par le passage au feu.a

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L’oeil d’Akashi Murakami s’arrête, quant à lui, sur des souches de bois qui croisent son chemin. La céramiste japonaise, installée depuis 20 ans en France, recherche dans leur forme tumultueuse et ouvragée les traces laissées par le temps, les intempéries, les parasites. Cette vie des sous-bois, son travail de sculpture la capte et en restitue les mouvements. La souche, allégée de quelques éléments superflus, est moulée ou estampée, avant de retourner à son milieu naturel.

En grès, parfois en faïence, le volume obtenu est retravaillé par l’artiste. Par la simplification amenée par le noir ou le blanc, par l’amplification volontaire des méandres de la surface, les sculptures révèlent des visions surnaturelles et expressives de la nature. Les jeux d’ombre et de lumière, nourris par des reliefs intensifiés, traduisent l’énergie vitale de ces « Flux », « Torrent » ou « Iceberg »… Le morceau de bois se métamorphose, devient créature mystérieuse, énigme fascinante, interprétation libre et baroque de l’oeuvre de la nature.

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Marina Le Gall

Une tension entre réalisme et expressionnisme, nourrie d’une dose d’humour, exhale des sculptures animalières de Marina Le Gall. Cette jeune artiste, qui se définit d’abord comme dessinatrice et peintre, rencontre pourtant un vif succès avec ses mammifères de faïence aux couleurs intenses. Son modelé restitue la vie à ces animaux – pourtant inspirés de ceux que son père abattait à la chasse durant son enfance -, là où la couleur – irréaliste – et la texture de l’émail insufflent émotion et onirisme.

Animaux de nos forêts et de nos montagnes, les renards et les loups témoignent de cette vie sauvage qui survit tant bien que mal à nos côtés. Par leurs attitudes saisissantes et le jeu explosif de leurs couleurs, ils se révèlent aussi des créatures mythiques et fabuleuses, inscrites dans notre imaginaire collectif et intime. Les lièvres et lapins, nés d’un travail d’observation à l’Aéroport d’Orly, manifestent cette même surprise devant la coexistence d’une faune sauvage qui déjoue les pièges de la modernité pour s’adapter aux contraintes imposées par l’homme.

Infos pratiques

Juin et juillet : ouvert tous les jours, du lundi au dimanche, de 10h à 13h et de 14h30 à 19h.

*Horaires  susceptibles de modification en fonction de l’évolution du dé-confinement.